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Message de Mgr Emmanuel prononcé lors de l’Assemblée Constitutive

Message de Mgr Emmanuel
prononcé lors de l’Assemblée Constitutive du 4 juillet 2020

Nous franchissons aujourd’hui une étape déterminante dans l’histoire de la Métropole grecque orthodoxe de France. Avec la bénédiction de Sa Toute-Sainteté le Patriarche œcuménique Bartholomée, et en conformité avec la décision du Saint Synode du Patriarcat œcuménique prise le 27 novembre 2018, nous sommes amenés à nous réunir pour entériner la création du Vicariat de tradition russe sainte Marie de Paris et saint Alexis d’Ugine. Je sais combien les tumultes de ces deux dernières années n’ont pas été faciles. Des lignes de fracture ont émergé au sein de paroisses, de communautés, mais aussi de familles. Soyez certains que je regrette les souffrances et peines que vous avez endurées. Je crois malheureusement que cela a été là le cher prix à payer pour défendre une orthodoxie véritablement « œcuménique », inclusive, respectueuse de ses fermentations locales, indépendante des tropismes ethniques, une orthodoxie tout simplement respectueuse de son histoire et de sa tradition.
Cette définition proprement « œcuménique » est celle portée par le Patriarcat œcuménique de Constantinople. Aussi, notre Métropole de France ne fait que se réjouir à l’idée d’une telle proximité avec le Vicariat dont elle a la charge spirituelle et pastorale. Car le Patriarcat œcuménique a toujours eu le souci de la préservation des multiples traditions liturgiques et spirituelles qui font la richesse de l’orthodoxie.

Oserai-je vous rappeler cette interrogation d’Olivier Clément : « Je découvrais le christianisme et je me demandais ce que je devais en faire. À un moment, le Christ est venu me chercher et je l’ai suivi. J’ai mis entre parenthèses tout ce que je savais sur les religions. Je lui ai fait confiance. »

Cette confiance est certainement la clé de la croissance et du rayonnement du Vicariat. Le Royaume de Dieu nous fait face. Nous cheminons vers ce dernier. Ce n’est pas en restant fasciné par un passé statique et ô combien idéalisé que nous parviendrons à partager cette foi qui nous anime, cette foi qui est notre vie. Car l’orthodoxie est vie, liberté et salut.
Il y a tout d’abord votre histoire, celle de vos pères, celle d’immigrés ayant fui la révolution bolchévique, qui ont su, dans le plus grand dénuement, construire, ici en France, cet archevêché avec à sa tête le métropolite Euloge de bienheureuse mémoire. Je ne reviendrai pas aujourd’hui sur l’apport inestimable de ces hommes et de ces femmes témoins d’une orthodoxie libre de toute pesanteur, ouverte et évangélique, et qui permet aujourd’hui d’accueillir tous les orthodoxes, quelles que soient leurs origines.
Grâce à votre tradition ecclésiale et liturgique, grâce à ce qui est communément appelé « l’École de Paris », son enseignement et sa pensée, le témoignage de ces hommes et de ces femmes a dépassé non seulement les frontières de l’hexagone mais aussi celles de l’Europe occidentale. L’action et le rayonnement de vos pères ont été tels qu’aujourd’hui ce n’est plus seulement votre histoire mais notre histoire commune et même, je dirais, l’histoire de l’orthodoxie dans son ensemble.
Lorsque l’on parle de nos fondations, nous ne pouvons pas ignorer également le lien tissé avec le Patriarcat œcuménique qui remonte à 1931, il y aura bientôt 90 ans. Nous avons une histoire commune qui certes n’a pas toujours été linéaire mais qui a contribué, grâce à la protection et la large autonomie interne offertes par le Saint-Trône, à permettre à l’exarchat patriarcal de témoigner, ici en Occident, de l’Évangile dans un contexte de totale liberté vis-à-vis d’influences extérieures.

Vous avez souhaité inscrire le Vicariat sous la protection de Sainte Marie de Paris et Saint Alexis d’Ugine, deux saints de notre temps, canonisés par le Patriarcat Œcuménique. Deux saints qui ont témoigné sur cette terre de France et qui constituent notre héritage spirituel tout en affirmant notre localité.
Voyez la richesse de ces fondations. Nous ne pouvons que rendre grâce pour cela !
Aujourd’hui, nous sommes invités à construire une structure nouvelle qui repose sur ces fondations. C’est dans cet esprit que le Vicariat Sainte Marie et Saint Alexis s’inscrit dans la Métropole de France.

Une Métropole qui, comme j’ai déjà pu l’écrire dès février 2019, vous garantit :
• une autonomie dans l’administration et la gestion du Vicariat ainsi qu’une autonomie pastorale ;
• la préservation de cette tradition liturgique et spirituelle, de tout cet héritage que nous avons évoqué, afin que nous puissions continuer notre œuvre de témoignage orthodoxe dans les sociétés occidentales.
Cette œuvre s’inscrit dans une conciliarité vivante qui devra être vécue – c’est notre défi – à tous les niveaux du Vicariat : dans nos assemblées générales ou pastorales, au conseil d’administration dont nous allons élire les membres tout à l’heure et, bien entendu, au niveau de nos paroisses, communautés eucharistiques.
Cela fait déjà plusieurs mois que nous sommes à l’œuvre dans cette construction, que cela soit par la rédaction des statuts, par la constitution d’un réseau entre les paroisses, par la coordination entre les membres du clergé, ou par la préparation de la réunion d’aujourd’hui. Je voudrais sincèrement remercier tous ceux qui y ont contribué.
Cette assemblée d’aujourd’hui revêt un caractère principalement administratif. Nous allons débattre des statuts, du règlement intérieur, de notre organisation financière ; nous allons élire les membres du conseil d’administration. Cela peut paraître un peu frustrant dans une réunion ecclésiale mais, nous le savons, c’est nécessaire. Je ne doute pas que nos prochaines assemblées seront des occasions de partage sur la vie de nos communautés et les enjeux et défis qui se posent à nous dans notre témoignage du Christ, ici et maintenant.
Au-delà de cet aspect administratif indispensable, le Vicariat a déjà pris son envol et a montré sa vitalité. À ce titre, je voudrais saluer le travail des prêtres et des fidèles durant cette période de confinement. Si nous avons été contraints d’interrompre nos célébrations, je sais que votre prière est restée constante, plus particulièrement pour les victimes de cette pandémie. Je sais que la chaîne de prière et de fraternité ne s’est pas interrompue. Je sais également tout le travail réalisé dans le cadre de la catéchèse et des offices que vous avez pu rendre accessibles au plus grand nombre grâce aux nouvelles technologies.
Il ne faut pas oublier non plus le travail de liaison et d’information réalisé par les équipes de la Lettre du Vicariat et en charge des réseaux sociaux. Il est très important de tisser, sans relâche, les liens entre nous. J’ai moi-même pu avoir deux rencontres en visioconférence avec l’ensemble de notre clergé. J’ai été frappé par l’esprit de fraternité et d’amitié qui règne entre vous. Cela ne peut être que prometteur.

Comme dit l’apôtre : « En Christ vous êtes ensemble intégrés à la construction pour devenir une demeure de Dieu, dans l’Esprit » (Ep 2, 22). Et il ajoute : « Nous sommes ouvriers avec Dieu. Vous êtes le champ de Dieu, l’édifice de Dieu » (1 Co 3,9)

Aussi, en abordant cette nouvelle étape avec humilité et responsabilité, je tiens à remercier chacun d’entre vous pour le courage et la détermination dont vous avez fait preuve jusqu’ici. Je veux en outre exprimer ma sincère gratitude au Père Alexis Struve et à l’équipe de préparation qui m’ont épaulé pour assurer la bonne tenue de nos travaux aujourd’hui. Je me réjouis par avance de nos échanges, de pouvoir répondre à vos questions, mais surtout d’écrire avec vous et avec le Vicariat une nouvelle page dans l’histoire de la Métropole de France.
+Métropolite Emmanuel de France

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Les Saints de la Terre de France

Les saints de la Terre de France

Dimanche 21 juin 2020 à l’occasion de la fête de tous les saints de France Mgr Emmanuel a évoqué les saints devenus martyrs ou qui ont suivi un mode de vie ascétique dans ce qui est aujourd’hui la France et la Principauté de Monaco. 

Il a rappelé que « La sainteté ne connaît de limites ni dans l’espace ni dans le temps. De nombreux saints ont vécu en France, qui, par leur vie exemplaire, sont devenus pour nous de brillants exemples en suivant les enseignements de notre Seigneur Jésus-Christ. Certains sont moins connus en Orient, comme saint Guénolé de Bretagne, saint Chrodegang, évêque de Metz, saint Loup le Confesseur, évêque de Troyes, mais d’autres sont très populaires, comme saint Denys l’Aréopagite, patron d’Athènes et de Paris, saint Irénée, évêque de Lyon, saint Raphaël de Mytilène, ou saint Sulpice disciple de saint Martin de Tours. De plus, nous ne devons pas oublier les saints modernes qui ont été récemment canonisés par le patriarcat œcuménique: le saint prêtre Dimitri, Georges, Elie, sainte Marie de Paris et saint Alexis d’Ugine (Medvedkov).


La France, bien qu’elle ait été la cible d’attaques de barbares et d’hérétiques depuis le VIIe siècle, a été l’un des premiers pays à être christianisé par les missionnaires chrétiens œuvrant au sein de l’Empire romain, et est devenue une gardienne inébranlable de la foi chrétienne. La France est restée fidèle à sa foi chrétienne et n’oublie pas ses racines. Les rois de France ont sauvegardé l’Église chrétienne et, aujourd’hui encore, les plus jeunes dirigeants de la communauté travaillent en collaboration avec l’Église. La France continue d’être le berceau de la culture, de la liberté et de la démocratie. La France a construit certains des monuments chrétiens les plus importants et les plus magnifiques et a donné naissance à de nombreux intellectuels et artistes.