La fête de saint Gildas le Sage

tombeauSaintGildas

Procession avec les reliques

Dimanche dernier, 28 janvier, une partie des fidèles de notre communauté de Vannes s’est déplacée à Saint-Gildas-de-Rhuys pour célébrer la fête de saint Gildas le Sage sur les lieux où l’un des grands saints de Bretagne a fondé un monastère au milieu du VIè siècle. La divine Liturgie a été célébrée dans l’abbatiale le matin à 9h30. Ensuite, la communauté orthodoxe s’est jointe à la communauté catholique pour une procession dans la petite ville de Saint-Gildas-de-Rhuys.
Comme le veut la tradition, les reliques ont été sorties du trésor de l’église à cette occasion, tout particulièrement le buste du saint qui a été porté par le clergé catholique alors que le bras avec la main bénissante de saint Gildas ont été confiés au père Yannick Provost. La messe du pardon a été ensuite célébrée, suivie par un repas fraternel qui a regroupé près de 300 personnes. Notre communauté a été très chaleureusement accueillie par l’abbé Amaury Brillet et le père Gwenaël Airault, curé doyen ainsi que le maire de la commune, Alain Layec. La joie partagée par tous lors de cette belle journée s’est confirmée par l’engagement mutuel de nous retrouver désormais chaque année à l’occasion de la fête de saint Gildas le Sage.

Saint Gildas, surnommé le Sage,

est né en 493 à l’embouchure de la Clyde, là où se trouve Glasgow (Écosse) aujourd‘hui. Il reçoit sa formation monastique à l’île Saint-Pierre à l’école de saint Iltud, père spirituel de nombreux saints bretons, lui-même disciple de saint Germain d’Auxerre.
Il parcourt ensuite le nord de l’actuelle Grande-Bretagne, poursuivant la christianisation de la région, avant d’être appelé par sainte Brigitte à rejoindre l’Irlande où il restera sept ans afin de poursuivre l’œuvre d’évangélisation de saint Patrick.
Vers 530, prédicateur infatigable, Gildas traverse la Manche avec un groupe de fidèles et rejoint l’Armorique qu’il va parcourir pendant plusieurs années (on retrouve sa trace dans de nombreux lieux de Basse-Bretagne) avant de s’installer dans la solitude d’abord dans la petite île d’Houat, puis dans la presqu’île de Rhuys où il fonde le monastère qui rayonnera sur toute la région pendant des siècles. Notons aussi une autre fondation monastique située dans une forêt à une quarantaine de kilomètres à l’est de l’abbaye, sur un lieu dédié initialement à saint Dimitri, et qui est aujourd’hui connu sous le nom de Saint-Gildas des Bois.
Les dernières années de sa vie, saint Gildas se retire sur l’ile d’Houat où il rend son âme à Dieu le 29 janvier 570, son corps sera abandonné aux flots dans une barque qui dérivera quelques mois jusqu’au rivage, près de la chapelle construite par saint Gildas et dédiée à la Sainte-Croix. Ses reliques sont rapportées à l’abbaye le 1er mai, et déposées dans un tombeau dans le chœur de l’église abbatiale. Vers 850, craignant les ravages des Normands, Dajoc, abbé de Rhuys, isole les principaux ossements du saint et les cache sous l’autel de l’église. Ce sont ces ossements qui sont aujourd’hui présents dans le trésor de l’abbaye, en particulier le buste et le bras bénissant de saint Gildas le Sage.

Tropaire : Ta sagesse, ô Gildas, a éclairé l’Armorique comme un flambeau dans les ténèbres. Comme Moïse, tu as fait traverser ton peuple sans péril, comme Jérémie tu as exalté les humbles et humilié les puissants par ta parole inspirée, comme le Précurseur, tu es devenu au désert une fontaine vivifiante pour tes disciples innombrables. Saint Gildas notre père, prie le Christ notre Dieu pour qu’Il ait pitié de nous et sauve nos âmes.