Le monastère de la Source de Vie à Patmos

église de la Diathosousa près du monastère st Jean à Patmos

Saint Chrystodoulos, saint Parthenios et les monastères

La Source de Vie, vendredi 24 avril 2026.

Nous l’apercevions au loin perchée sur la colline, la forteresse. Ce matin le bus nous y a conduits. Saint Chrystodoulos (1021-1093) cherchait un lieu pour construire un monastère et y trouver la paix de l’âme. Après une tentative à Kos, trop peuplée, il a trouvé Patmos. Mais il n’avait ni la force ni l’argent ni les ouvriers pour la construction alors il partit pour Constantinople afin de s’adresser à l’empereur Alexis Comnène. Ce dernier ne fut pas enthousiasmé par le projet mais sa mère sut le convaincre et saint Chrystodoulos quitta Constantinople avec un document signé de la main de l’empereur et l’aide nécessaire à son projet. C’est ainsi que naquit le monastère de Saint Jean.
On peut se demander pourquoi si haut et non plus près de la grotte. C’est parce que la grotte était trop proche de la côte. Et l’île a longtemps été attaquée par des pirates puis plus tard par d’autres envahisseurs, surtout ottomans ce qui a façonné son allure de forteresse.

Le petit monastère féminin de la Source de Vie (zoodohou pighi) un peu plus bas dans la ville est particulièrement touchant. Fondé par l’higoumène du monastère de saint Jean, saint Parthenios Pangostas en 1607 pour accueillir des moniales afin d’accueillir et de venir en aide aux veuves et orphelins de l’île. Les ottomans ayant envahi l’île se sont méfié de ce petit monastère aux murs fortifiés et lorsque l’higoumène voulut expliquer la fonction de ce lieu, les autorités ottomanes devinrent encore plus méfiantes et décidèrent d’envoyer Saint Parthenios à l’examen. Il fut questionné torturé et ils finirent par lui arracher les yeux. Il mourut peut après et une partie de ses reliques se trouvent dans l’église du monastère de la Source de Vie qui lui est consacrée. Comment ne pas trouver dans ce récit de notre jeune guide Theologia comme une résonance de l’Apocalypse que nous étudions, avec ces hommes ayant mené le bon combat et résisté jusqu’à la mort.
Après le déjeuner, une partie des pèlerins est allée profiter de la beauté des plages tandis que l’autre est allée visiter l’atelier de restauration d’icônes du père Grigorios. Ce dernier nous a invité à célébrer les vêpres dans son église de Saint Phanourios aux belles icônes, dans l’enceinte du cimetière. Puis nous avons poursuivi notre étude de l’Apocalypse, nous attachant aujourd’hui aux chapitres 11 à 14, chapitres décrivant la bête, sous différentes formes pour nous faire comprendre l’importance du discernement, décrire l’enfantement par l’Église des hommes qui choisissent le Seigneur et non les illusions et artifices du dragon, “l’antique serpent”, vaincu par le sang de l’Agneau et la Parole.
Nous avons achevé notre journée par un apéritif dînatoire en compagnie de nos rencontres du jour, père Grigorios et une de ses paroissiennes ayant vécu en France.

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