Saint Amphiloquios un saint du XXe siècle

Saint Amphiloquios et le monastère de l’Annonciation

Saint Amphiloquios, samedi 25 avril 2026.

Ce matin nous nous sommes rendus au monastère de l’Annonciation. Comme nous l’a suggéré notre chère Theologia, tout était si beau et si soigné que ce lieu avait comme un petit avant-goût de paradis.
saint Amphiloquios Macris est né à Patmos en 1819. Enfant du pays, tout comme notre guide, les gens disent de lui que dès sa tendre enfance des signes montraient que le Seigneur avait mis la main sur lui. Il est devenu moine pendant son adolescence dans le monastère de Saint Jean où il reçut une solide formation. Il devint higoumène à 45 ans. Cela n’arrangeait pas le gouvernement italien (Patmos a été sous domination italienne avec les îles du Dodécanèse en 1912, et fut annexée à la Grèce en 1948 après la Seconde Guerre mondiale) qui a réussi à le déposer comme higoumène et il dût partir. Il eut un grand rayonnement puisque des français venaient le voir, comme les sœurs du monastère Notre Dame de Toute Protection (89, Bussy) ou Léon Zander avec sa femme ou encore Jacques Touraille. Ce ne fut qu’en 1937 qu’il commença à construire le monastère de l’Annonciation. Il avait un souci constant de former les personnes et de développer leurs talents.

Au monastère cela se manifesta notamment par le développement de techniques de broderie anciennes qu’une sœur apprit et préserva ainsi. Il sut également déléguer de nombreuses responsabilités à des laïcs et particulièrement des femmes ce qui permet le développement d’écoles, d’orphelinats et de centres de santé. Après six siècles d’occupation ottomane les habitants de Patmos souffraient de l’occupation italienne qui interdisait l’utilisation du grec et souhaitait éradiquer la culture grecque de l’île pour y développer une identité italienne. C’est ainsi qu’ont été créées des écoles clandestines pour l’enseignement. St Amphiloquios a contribué largement à ce mouvement.

Les enfants se rendaient au monastère avec un panier contenant des vivres mais ils y cachaient aussi leur cahier et un crayon et apprenaient. La partie la plus ancienne, qui existait bien avant le monastère, était déjà un skite en forme de tour fortifiée à cause des pirates. Les moines y ayant une vue dégagée sur la mer faisaient un grand feu en cas d’approche de navires pour prévenir Chora, le village fortifié et le monastère de Saint Jean. Ce skite a été habité jusqu’en 1932. Ainsi lorsqu’Amphiloquios est arrivé pour fonder là le monastère des moniales ils ont trouvé les ossements de martyrs aux noms inconnus pour lesquels sont célébrés chaque année des offices pendant 3 jours du 15 au 17 janvier. Nous avons pu prendre le temps de prier dans les différentes églises du monastère, notamment celle de l’Annonciation ainsi que la dernière construite celle de Saint Nectaire dans laquelle on trouve les reliques de St Amphiloquios.

Ensuite nous nous sommes rendus dans l’ermitage d’un autre saint, sur la colline nommée Coumana. Un évêque, St Macarios de Corinthe y avait trouvé refuge lors de persécutions. On y trouve l’icône de Mère de Dieu la joie de tous. Enfin nous avons été invités par père Grigorios pour les vêpres dans sa paroisse.

Nous avons dû dire au revoir à notre chère Theologia, qui nous a appris pendant le déjeuner partagé une tradition de Patmos : ici ce sont les femmes qui demandent leur main à l’homme de leur cœur car dans cette terre de marins les femmes ont les maisons et les hommes viennent s’y installer avec leur coffre d’affaires.

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