« Seigneur, apprends-nous à prier »

Seigneur, apprends-nous à prier

« Seigneur, apprends-nous à prier » (luc 11,1 )

Entretien spirituel du 30 octobre 2021

Mère Aimiliani, higoumène du monastère orthodoxe Notre-Dame-de-Toute-Protection (Bussy-en-Othe), reprend l’extrait de l’Évangile selon saint Luc 11, 1, montre d’abord l’importance des moments de solitude pour la prière, se référant à plusieurs passages de l’Évangile décrivant le Christ retiré du monde pour se retrouver en communion avec son Père. De même, nous devons consacrer certains moments ou périodes de nos vies pour rentrer à l’intérieur de nous-mêmes afin de prier.

Puis elle pose la question de la bonne manière de prier. Tout d’abord, le fait même de demander au Seigneur d’apprendre à prier est déjà importante et seul Dieu (ou quelquefois un homme ou une femme inspiré par Dieu) peut nous l’enseigner. La fréquentation de l’Église nous emmènera aussi dans le courant de la prière de l’assemblée.

         Elle cite ensuite la parabole du juge inique (Évangile selon saint Luc, 18, 1-8) pour souligner l’importance de la persistance dans la prière et pose deux conditions fondamentales pour que notre prière porte des fruits : la foi et l’amour de Dieu.

Enfin elle commente longuement la parabole de l’ami importun qui suit la prière du Notre Père que nous enseigne le Christ dans l’Évangile de saint Luc (chapitre 11, versets 5 à 13) :

  • « Jésus leur dit encore : « Imaginez que l’un de vous ait un ami et aille le trouver au milieu de la nuit pour lui demander : “Mon ami, prête-moi trois pains, car un de mes amis est arrivé de voyage chez moi, et je n’ai rien à lui offrir.” »

Elle montre ici l’encouragement du Christ à l’insistance dans la prière et définit l’amitié saine comme un don de Dieu et une image de l’amitié que Dieu veut retisser avec l’homme depuis sa chute ; ellerappelle la présence du mot « pain » dans l’Ancien Testament et le Notre Père, symbole de la Parole de Dieu et de la grâce du saint Esprit et, avec la phrase « un de mes amis est arrivé de voyage », rappelle que si nous avons de la froideur, il n’y a pas de place dans nos cœurs pour le Christ, tellement l’esprit d’inimitié est incompatible avec l’esprit de Dieu. Puiselle interprète la phrase « je n’ai rien à offrir à mon ami » en disant que sans le Christ nous n’avons rien, c’est pourquoi dans ma nullité je vais, au milieu de la nuit de mon ignorance, frapper à la porte, supplier le Seigneur de me donner d’en haut de quoi offrir à mes amis affamés et assoiffés par le voyage difficile et laborieux de cette vie passagère.

  • « Et si, de l’intérieur, l’autre lui répond : “Ne viens pas m’importuner ! La porte est déjà fermée ; mes enfants et moi, nous sommes couchés. Je ne puis pas me lever pour te donner quelque chose.” Eh bien ! je vous le dis : même s’il ne se lève pas pour donner par amitié, il se lèvera à cause du sans-gêne de cet ami, et il lui donnera tout ce qu’il lui faut. Moi, je vous dis : Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. En effet, quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira. » 

Mère Aimiliani ici rappelle à nouveau que Dieu n’est jamais sourd à notre prière mais que nous devons nous demander si notre demande est faite dans la foi car quand notre foi défaille notre prière meurt et pour que notre foi ne défaille pas, nous avons besoin de prier ; car de la foi jaillit la prière et du déversement du cœur dans la prière jaillit une foi inébranlable.

  • « Quel père parmi vous, quand son fils lui demande un poisson, lui donnera un serpent au lieu du poisson ? ou lui donnera un scorpion quand il demande un œuf ? Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! »

Ici se pose la question du discernement dans la prière. Souvent nous demandons mal à propos ou nous ne sommes pas assez mûrs pour recevoir ce que nous demandons, ou encore nous demandons ce qui va nourrir notre égoïsme et satisfaire nos passions déchues et nous devons comprendre que la seule bonne prière est celle qui est en harmonie avec Sa volonté, c’est pourquoi la prière d’abandon au Seigneur est la plus forte et agréable à Dieu.

Enfin Mère Aimiliani insiste sur la nécessité de prier pour recevoir le don du repentir, aurore de l’amour. Elle préconise pour cela la « prière de Jésus ». Elle rappelle aussi deux autres empêchements à une prière efficace : il faut que notre attitude vis-à-vis d’autrui soit conforme avec notre prière et nous devons pardonner à tous.

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