Vous êtes la lumière du monde, homélie à l’occasion de la fête de saint Alexis d’Ugine

saint Alexis d'Ugine lors de sa fête le 22 août au monastère orthodoxe notre dame de toute protection

“Vous êtes la lumière du monde”, homélie de père André Jacquemot prononcée à l’occasion de la fête de saint Alexis d’Ugine

Nous vous proposons l’homélie prononcée par le père André Jacquemot ce 22 août 2026 lors de la fête de saint Alexis d’Ugine célébrée au monastère Notre Dame de Toute protection (Bussy, 89) où repose le saint.

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

« Vous êtes la lumière du monde ». C’est ainsi que commence la Parole évangélique du Seigneur, dans le passage qui vient d’être lu.
Si on s’arrête là, puisque nous sommes la lumière du monde, alors nous pouvons être fiers de nous. Sans parler de nos qualités personnelles, de notre intelligence qui nous permet de briller en société, nous pouvons nous glorifier collectivement en tant qu’orthodoxes : nous avons la vraie foi, nous sommes la vraie Église. Les autres sont dans l’erreur, nous pouvons les regarder avec mépris !
Est-ce bien cela que le Seigneur a voulu dire ? A-t-Il voulu nous donner un motif de nous enorgueillir ?

Il est toujours dangereux d’isoler un verset biblique : on peut lui faire dire ce qu’on a envie d’entendre. Un verset ne prend tout son sens qu’à la lumière de l’ensemble de l’Évangile.

En l’occurrence, ce verset fait partie du discours sur la montagne, tel qu’on le trouve dans l’Évangile de saint Matthieu. Discours qui commence par les Béatitudes : « Bienheureux les pauvres en esprit, car le Royaume des cieux est à eux… ». Bienheureux les pauvres en esprit, c’est-à-dire les humbles. Partout dans l’Évangile, comme déjà aussi dans les psaumes, c’est l’humilité qui est mise en avant et qui est agréée par Dieu.

Nous fêtons aujourd’hui le saint prêtre Alexis d’Ugine. C’est en sa mémoire qu’a été choisie cette péricope qui vient d’être lue.

Saint Alexis ne se considérait pas comme une lumière, il accomplissait son service pastoral avec dévouement, avec zèle, conformément à cette exhortation de saint Paul : « Que celui qui est appelé à son ministère s’attache à son ministère, que celui qui préside le fasse avec zèle ! » (Rom. 12,7-8). Il s’attachait en particulier à accomplir le service liturgique avec beaucoup de soin, de manière à conduire les fidèles au Christ. Et au lieu des honneurs, c’est plutôt les calomnies, les accusations injustes qu’il recevait, et il les supportait avec humilité, sans se décourager, sans rendre le mal pour le mal. Il pardonnait à ses ennemis, il priait pour eux. Mieux encore : c’est lui qui leur demandait pardon. Sa lumière intérieure restait cachée aux yeux du monde.

En matière d’humilité, si l’exemple de saint Alexis ne suffit pas, nous avons celui du Christ. Lui qui est le « Donateur de Lumière », comme nous le chantons dans le tropaire de la Transfiguration, Lui qui dans le ciel « est revêtu de lumière comme d’un manteau », comme il est dit dans le psaume (Ps. 103), dans sa vie terrestre, cette lumière, Il la gardait habituellement cachée. Il ne montrait sa gloire qu’indirectement, à travers sa Parole puissante, à travers ses miracles, qui étaient avant tout des signes de miséricorde, pour nourrir ceux qui avaient faim, guérir les malades et les infirmes, consoler ceux qui étaient frappés par le malheur.
Et même lorsqu’Il a montré sa gloire lors de sa Transfiguration sur le mont Thabor, c’était à l’écart du monde, en présence seulement des trois disciples qu’Il avait choisis, auxquels Il a recommandé de n’en parler à personne, jusqu’à ce qu’Il soit ressuscité des morts (Matth. 17,1-9). Et en effet, c’est seulement après sa Résurrection que sa gloire est devenue manifeste.

De même pour le saint prêtre Alexis, c’est après sa mort que sa sainteté a été révélée. Car il ne cherchait pas les honneurs, il s’appliquait à accomplir les commandements de Dieu, dans les circonstances de la vie qui lui étaient données.

Dans ce contexte, la suite de l’Évangile d’aujourd’hui prend un sens très concret : « Je ne suis pas venu pour abolir la loi, mais pour l’accomplir, dit le Seigneur. Tant que le ciel et la terre ne passeront pas, il ne disparaîtra pas un seul iota ou un seul trait de la loi ». Et le Seigneur ajoute cette Parole, qui s’applique parfaitement à saint Alexis : « Celui qui observera jusqu’aux plus petits commandements, et qui enseignera à les observer, sera appelé grand dans le Royaume des cieux ».

Aujourd’hui, saint Alexis est appelé grand dans le Royaume des cieux. Il ne s’est pas glorifié lui-même, c’est Dieu qui l’a glorifié.

Maintenant, il est pour nous une lumière. Et cette autre parole du Seigneur s’applique également à lui : « On n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux ».

Aujourd’hui la lumière du prêtre Alexis brille devant les hommes, et ses œuvres de sainteté nous apparaissent en toute clarté : œuvres d’humilité, de service, de persévérance dans les épreuves et de pardon.

Et en honorant saint Alexis, nous glorifions le Père, le Fils et le Saint-Esprit, car c’est Dieu qui est glorifié dans ses saints. Les saints, en effet, ne font que faire fructifier la grâce de Dieu.
Tout cela est un enseignement pour nous. Car chacun de nous, dans les circonstances de sa vie, a la responsabilité de faire fructifier les dons de Dieu qu’il a reçus, pour que soit glorifié le Christ, qui est en vérité la Lumière du monde.
Amen.

père André Jacquemot, Bussy le 22 aout 2026

saint Alexis d'Ugine lors de sa fête le 22 août au monastère orthodoxe notre dame de toute protection
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