Qu’est-ce qui était si irrésistible dans les paroles du Christ ?
Comment définir le Logos ?
Comment devons-nous l’intégrer dans nos vies quotidiennes ?
Mère Aimiliani, higoumène du monastère orthodoxe Notre-Dame-de-Toute-Protection (Bussy, 89), dans cet entretien du 6 mai 2023 à l’occasion du dimanche du Paralytique, nous rappelle que pendant la période du Pentecostaire nous lisons dans nos offices l’Évangile de saint Jean et elle s’arrête sur cette phrase : « Jamais homme n’a parlé comme cet homme », extraite de l’Évangile de st Jean 7,31-46:
« Dans la foule bien des gens crurent en lui, et ils disaient : « Lorsque le Messie viendra, opérera-t-il plus de signes que celui-ci n’en a fait ? » Ce qui se chuchotait dans la foule à son sujet parvint aux oreilles des Pharisiens : les grands prêtres et les Pharisiens envoyèrent alors des gardes pour l’arrêter. Jésus dit : « Je suis encore avec vous pour un peu de temps et je vais vers celui qui m’a envoyé. (…) Le dernier jour de la fête, qui est aussi le plus solennel, Jésus, debout, se mit à proclamer : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et que boive celui qui croit en moi. Comme l’a dit l’Écriture : “De son sein couleront des fleuves d’eau vive.” » Il désignait ainsi l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui : en effet, il n’y avait pas encore d’Esprit parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié. Parmi les gens de la foule qui avaient écouté ses paroles, les uns disaient : « Vraiment, voici le Prophète ! » D’autres disaient : « Le Messie, c’est lui. » (…) C’est ainsi que la foule se divisa à son sujet. Quelques-uns d’entre eux voulurent l’arrêter, mais personne ne mit la main sur lui. Les gardes revinrent donc vers les grands prêtres et les Pharisiens qui leur dirent : « Pourquoi ne l’avez-vous pas amené ? » Les gardes répondirent : « Jamais homme n’a parlé comme cet homme. »
Partant de cette constatation que les gardes du sanhédrin, à cause de la parole du Christ, n’ont pu mettre la main sur le Christ et l’arrêter au risque d’être eux-mêmes punis pour leur désobéissance, Mère Aimiliani définit cette Parole du Christ, la compare à la parole des prophètes de l’Ancien Testament qui n’étaient que les « canaux du message du Seigneur ». Elle explique la place du Logos incarné dans la Trinité et montre la puissance de cette Parole dans l’Esprit saint en prenant aussi des exemples du Nouveau Testament.
Elle montre « l’autorité parfaite du Christ même sur les consciences des hommes mauvais ». Elle cite et commente la phrase de l’Évangile selon saint Jean : « Au commencement le Verbe était avec Dieu et le Verbe était Dieu.” en insistant sur le fait que « le Logos n’est pas une énergie impersonnelle comme le pensent beaucoup de philosophes par exemple, mais il est au contraire une Personne » avec Laquelle nous sommes en relation. Elle évoque certains hymnes adressés à la Mère de Dieu : « A Moïse tu apparus dans le buisson ardent comme l’ange du grand conseil, manifestant ta virginale incarnation par laquelle tu nous changeas, ô Verbe de Dieu, et nous élevas vers le ciel. », montre la communicabilité du Logos qu’on peut voir dans les icônes avec le « ὁ ὤν », insiste enfin sur « l’importance dans nos vies de cultiver cette relation personnelle avec le Christ » car « le Logos a révélé Dieu à l’humanité. » Elle mentionne saint Paul qui nous dit que « l’Évangile qui contient les précieuses paroles du Christ n’est pas à la mesure de l’homme mais une révélation de Jésus-Christ dont les paroles sont divines. » Elle compare la Parole du Christ, absolue, à celle de l’homme, souvent relative et accuse la confusion de la parole dans les médias. Elle insiste sur la phrase du Christ : « Si quelqu’un m’aime il gardera mes commandements. » et condamne notre orgueil qui s’oppose à la simplicité de la vie chrétienne ainsi définie, citant saint Silouane : « l’orgueil nous empêche d’aimer. »
Elle conclut par le passage de l’Évangile selon saint Matthieu (5, 23-29) :
« Quand donc tu vas présenter ton offrande à l’autel, si là tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande, devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; viens alors présenter ton offrande. Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire, tant que tu es encore en chemin avec lui, de peur que cet adversaire ne te livre au juge, le juge au gendarme, et que tu ne sois jeté en prison. »
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