“Mon enfant, tes péchés te sont pardonnés” la guérison du paralytique à Capharnaüm

la guérison du paralytique par le Christ à Capharnaüm Matthieu 9 , 1-8

Mon enfant, tes péchés te sont pardonnés“, une homélie sur la guérison du paralytique par le Christ à Capharnaüm (Mtt 9,1-8)

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit !

Avons-nous prêté attention à cette petite phrase de l’Évangile d’aujourd’hui: « Jésus traversa la mer et revint dans sa ville. » Nous savons qu’il s’agit de la ville de Capharnaüm, dont, aujourd’hui, il n’est rien resté. Alors, quelle ville le Seigneur aurait pu appeler « sa ville » ?
Bethléem ? Il n’y avait même pas de place à l’hôtellerie pour le recevoir avec ses parents. Peut-être l’Égypte a-t-elle été plus hospitalière que la maison d’Israël. Qu’en est-il de Nazareth où vivait Marie, la fiancée de Joseph, et où le Seigneur a vécu après son retour d’Égypte? Selon l’Évangile de saint Luc, lorsque Jésus prêcha dans la synagogue de Nazareth et révéla sa mission prophétique: « l’Esprit du Seigneur est sur moi » (Lc IV,18), les Nazaréens ne voulurent pas le croire et quand il leur fit remarquer que « nul n’est prophète en son pays ! » (Lc IV,24), ils cherchèrent à le précipiter du haut de la falaise. Et pour Jérusalem? : Jérusalem est le lieu où le Seigneur pleura en disant : « Que de fois j’ai voulu rassembler tes enfants comme une poule rassemble ses poussins, mais tu n’as pas voulu ! » (Mt XXIII,37 et Lc XIII,34). Et maintenant qu’en est-il de Capharnaüm ? Nous voyons que les habitants de cette ville ne reçoivent pas, eux non plus, la prédication du Seigneur. Ils s’étonnent, ils se troublent lorsque Jésus pardonne au paralytique ses péchés.

Ainsi, les habitants de ces villes ne reçoivent pas tous le Seigneur, mais le Seigneur continue à prêcher et à faire des miracles. Devant Lui, apparait un jugement des cœurs: certains cœurs se ferment, d’autres s’ouvrent ; certains cœurs se durcissent, d’autres s’attendrissent. Il en va de même à notre époque. Le Verbe de Dieu est semé dans le cœur des hommes. La parole de Dieu, alors qu’elle est toute-puissante, n’agit pas par sa puissance. Le Seigneur veut que les cœurs s’ouvrent librement.

Souvenons-nous de la retraite du Christ au désert, c’est-à-dire juste avant qu’il ne commence à parler publiquement. Le Diable tente le Christ pour la troisième et dernière fois: « Je te donnerai tous les royaumes du monde, leur puissance et leur gloire si tu te prosternes devant moi. » (Lc IV,6). Le Christ n’accepte pas cette proposition, tout d’abord car l’un des dix commandements dit : « Tu rendras ton culte uniquement au Seigneur ton Dieu. » (Lc IV,8, Mt IV, 10).

Mais c’est aussi parce que le Christ ne veut pas que les hommes et les femmes soient asservis et qu’ils deviennent des esclaves, le Christ les laisse libres de décider de le suivre ou pas. Et lorsque les cœurs s’ouvrent, alors la grâce de Dieu vient demeurer en eux. Et alors, le Seigneur nous dit, comme au paralytique: « Mon enfant, tes péchés te sont pardonnés ». De la sorte, le Seigneur affirme et confirme que la guérison de nos maladies spirituelles, de notre péché, cette guérison est plus importante que toute guérison corporelle. Cependant, il ne méprise pas notre corps et notre santé : il guérit, il purifie, il chasse les démons.

Dans l’Évangile de ce jour, ces mots du Christ: « Mon enfant, tes péchés te sont pardonnés » nous surprennent. Celui qui était allongé là n’a pas demandé pardon au Seigneur au préalable, il ne s’est pas repenti, il n’y a aucun signe de repentir préalable. Cela peut nous choquer, comment puis-je accorder le pardon à mon frère s’il ne vient pas lui-même avant tout demander pardon ? Dieu n’attend pas que l’homme se tourne vers lui lorsque nous ne sommes plus libres, lorsque nous sommes ligotés par notre péché et par le mal, et que nous ne pouvons même plus lever les yeux vers le ciel. C’est pourquoi Dieu lui-même descend le premier vers nous, il vient à notre secours, il descend vers celui qui est couché à terre et il prononce simplement pour lui les paroles de vie: « Mon enfant, tes péchés te sont pardonnés ». À Capharnaüm, Jésus montre qu’Il est le Fils de Dieu. Le Seigneur compatit, il manifeste la miséricorde du Père, et il la répand sur nous tous, et à travers nous, sur tous les hommes, chacun selon sa foi.

Aujourd’hui, il nous est donné d’admirer la foi du malade paralysé à vie. C’est justement sa foi qui a attiré le regard du Seigneur, car Dieu voit le cœur de l’homme dans le silence et sans bruit, lorsqu’il contemple les chemins de tous les vivants. L’apôtre Paul nous appelle à faire grandir et renforcer notre foi personnelle, à faire fructifier les dons que chacun de nous a reçus dans la persévérance, l’espérance, la prière et l’amour de ceux qui nous entourent. Que notre cœur, notre communauté, notre famille accueillent avec hospitalité le Seigneur pour qu’il fasse resplendir en nous sa bonté, sa joie et sa paix.
Amen.

Une homélie prononcée par père Daniel Cabagnols le 8 juillet 2026 en l’église Notre Dame de Kazan (Moisenay, 77)

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