une homélie de Mgr Dimitrios prononcée à la paroisse Saint Basile à Nantes le 4 janvier 2026
Au centre des fêtes des douze jours saints se trouve la double célébration de Noël-Théophanie ou, pour utiliser l’ancien terme qui englobe les deux événements, l’Épiphanie. Jusqu’au IVe siècle, cette fête était unique, commune ; elle était célébrée le même jour, le 6 janvier. Des raisons pratiques, cependant, ont rapidement conduit à la séparation de la fête unique originelle, d’abord en Occident puis en Orient. Ainsi l’Épiphanie fut divisée en Noël et Théophanie. Mais dans les deux fêtes est demeuré leur caractère primordial : la proclamation de la manifestation de Dieu dans la personne du Christ. Ainsi l’Église nous rappelle l’amour de Dieu, qui se manifeste parmi nous pour nous révéler la vérité et, à travers cette révélation, nous sauver.
L’Épiphanie est la révélation de Dieu dans la personne du Christ. Une révélation de Dieu lui-même, qui signifie avant tout une véritable connaissance de Dieu. Dieu se révèle à l’homme non pas comme terrible et effrayant ni comme juge sévère et inflexible, mais comme un Père affectueux de tous les hommes, indépendamment des traditions raciales, politiques, culturelles ou même religieuses.
De plus, l’Épiphanie de Dieu est aussi une véritable connaissance de l’homme. La plus grande révélation sur l’homme et sa nature réelle, sur sa place dans le monde et son cheminement tant individuel que collectif, sur son avenir personnel et collectif, tout cela a été révélé une fois pour toutes avec l’Épiphanie du Verbe, avec la descente du Christ sur terre et sa vie parmi nous. L’Épiphanie est la révélation de Dieu sous forme humaine sur terre. Mais c’est aussi la révélation de l’essence intérieure de l’homme. Car le Christ prend la nature humaine et la refaçonne, la renouvelle, la régénère. Nous connaissons l’homme parce que le Christ nous l’a révélé dans toute sa profondeur, dans toute l’étendue de ses relations avec Dieu, le monde et ses semblables. En bref, nous savons qui nous sommes parce que nous savons qui est le véritable homme, le Christ. Avec le Christ, nous avons acquis un miroir pour pouvoir nous comparer à chaque fois et voir combien nous avons acquis la forme véritablement humaine.
La nouvelle, véritable image de l’homme, que le Christ a révélée par sa présence sur terre, n’est certes pas toujours agréable pour l’homme. Car elle lui montre la vérité nue. Elle lui rappelle combien peu il est homme, combien peu il se comporte en homme, combien peu il prend en compte la dignité humaine de ses semblables. Voilà pourquoi les hommes semblent souvent disposés à accepter l’Évangile, mais l’abandonnent rapidement, dès qu’il est question de l’existence humaine comme imitation du Christ.
Aujourd’hui, malheureusement, notre connaissance de l’homme se limite seulement à la connaissance de l’extérieur, de la matière, et qui plus est dans une dimension individualiste. Ceci est une preuve supplémentaire que l’homme s’est éloigné de la lumière du Christ. Et le pire est que la plupart ne soupçonnent même pas l’existence de l’espérance, de la régénération spirituelle et du changement qu’a apportés au monde le Fils et Verbe de Dieu manifesté.
L’Épiphanie du Christ n’est pas une histoire qui appartient au passé. C’est le présent, l’espérance certaine du monde. C’est la perspective optimiste d’un monde nouveau, d’une nouvelle relation avec Dieu, d’une nouvelle relation d’amour avec nos semblables. Il suffit que l’homme soit prêt à accepter le message de l’Évangile.
Amen.







